Blog de Patate

Shitpost, rant et musique

Cette question de merde.

Question de merde et pourtant je crois qu'elle est importante.

Elle est importante. Parce qu'on nous fournit déjà une réponse toute faite, gratuite, et j'imagine assez bien une règle, une posture pourquoi pas, qui voudrait que plus une société fournit une réponse tellement évidente qu'elle se passe d'explications un minimum concrètes, plus au contraire il va être important de se la poser. À soi-même, intimement, à l'autre, entre nous, jusqu'à collectivement.

Dans le cas des questions de genres, et en l'occurrence celles ici de la masculinité parce qu'étant un homme je ne me vois pas parler d'autre chose, c'est quand même complexe.

Ça se bouscule à toute blinde dans ma tête donc il va me falloir un point de départ, on va essayer de partir de ce qu'est supposé être un homme.

Un homme c'est fort. Un homme ça travaille, ça fait même carrière, c'est intelligent, ça fait du sport, ça protège, ça intervient, ça raconte ce que ça peut faire d'intéressant, d'impressionnant, un homme c'est drôle, ça sait plein de choses. La phrase que je viens d'écrire là est très convenue, mais ne reconnaissez-vous pas ces soirées où vous ne savez rien faire d'autre que piocher dans cette liste quand il s'agit d'entamer une conversation avec un autre homme que vous ne connaissez pas ? Parler boulot, raconter votre dernier accomplissement personnel, ce que vous avez fièrement envoyé bouler dans votre vie, raconter ce qui pourrait vous donner un rang et susciter un “ah ouais” poli mais approbateur. Tous les mecs, on fait ça. Et si vous avez fait autre chose, vous avez senti le petit malaise, ce petit regard dans le verre parce qu'il y en a un des deux qui ne sait pas gérer cette information. Oui, parce qu'en plus il faut gérer, juste accueillir on ne sait pas faire non plus.

Bref, c'est là. Ça nous a façonnés intimement, qu'on l'ait voulu ou non, ça a été notre bain même si on estime avoir eu tout le long le tempérament nécessaire à en critiquer la température. Surprise, ça ne nous a pas rendu différents pour autant, juste plus décents. Peut-être.

À ce stade, je pense que vous pensez que je n'ai pas une très bonne opinion de mon propre genre. Ça va justement me faire arriver à une articulation qui va me servir.

J'ai grandi avec un père que j'ai fini par détester. C'est un homme qui, bridé par une éducation religieuse stricte, ne s'aimait pas beaucoup en tant qu'homme non plus, du moins je devine. Il était abusif, je ne l'ai plus vu après le divorce de mes parents. J'ai évolué à l'école en marge de groupes de garçons que j'ai fini par détester aussi. Ils parlaient fort, n'avaient pas peur d'avoir mal ou d'avoir peur, mimaient avoir une grosse bite qui soulève le bureau quand une fille était jolie, tout ça était évident pour eux et je ne pouvais pas être différent au point qu'il valait mieux qu'ils fassent ça dans leur coin, le monde devait les voir faire parce que c'était drôle, et surtout normal, c'était ça être un garçon. Ceux qui avaient compris ça, que je ne m'inscrivais pas dans ces règles, je pense que c'était ceux qui m'ont le plus emmerdé, et fait peur, sans que je moufte. Mais peut-être que je surinterprète la source de leurs comportements que j'ai connus pour mieux me valoriser et me faire justice. Quoiqu'il en soit il y avait ces garçons-là, aussi. Les mêmes, moins nombreux, mais suffisamment pires pour que je me souvienne de leurs noms complets. J'ai fini de grandir, en pré-ado puis en ado, avec ma mère et ma sœur de très loin mon aînée. J'ai assisté à leurs conversations sur les hommes pendant les repas. Ce n'était pas plus glorieux chez les hommes adultes.

J'en arrive au point que je voulais atteindre : le contre-exemple en norme établie, et exister en son milieu.

Je crois que je comprends ces hommes qui se braquent à chaque fois qu'un de leurs comportements est passé à la saine moulinette du féminisme : ils ont un réflexe d'amour-propre. Oui, c'est naze, c'est en plus le foyer de départ des réponses agressives qui constituent le comportement toxique collectif justement dénoncé avant qu'ils ne s'énervent, mais le réflexe de départ est inévitable : personne ne veut se détester. Question de survie, je crois qu'on n'y peut pas grand-chose. Tout comme on ne peut pas grand-chose à ce réflexe de survie qui nous fait esquiver toute possibilité d'être rejeté·e·s socialement. Et c'est là qu'on peut poser l'index : chez ces hommes-là survient le choix à faire entre ces deux instincts, qu'est-ce qui sera le plus opportun entre son amour-propre et l'acceptation par le groupe des femmes pour sa survie et son bien-être ?

Chez les hommes, l'amour-propre est acquis, par la force de persuasion dès le plus jeune âge, artificiellement donc s'il le faut, et il le faut. Véritable forteresse en carton ondulé, n'en devient que plus fragile et prioritaire à défendre, tandis que (le raccourci va être facile mais je ne lui trouve pas tellement de contre-arguments ni de subtilités à opposer) le pouvoir communautaire des femmes sur leur légitimité dans les groupes humains va être bien peu de choses dans leurs considérations.

C'est là que doivent entrer en scène deux contre-pouvoirs, et un seul l'a fait, à savoir les femmes qui se lèvent et qui se cassent. L'autre, je pense que ce sont les hommes et en l'état ce n'est pas possible. Parce qu'un homme qui a grandi, qui s'est formé en-dehors de la définition dominante de la masculinité ne se donne aucune légitimité sous cette étiquette. Il n'a pas eu de modèle positif à disposition, s'est contre-construit, ses briques sont des négations, c'est un outsider et ça sera sa seule définition. Individuellement comme vu du petit groupe masculin ou mixte qu'il arrivera à rejoindre ou à constituer, ça ne sera pas un homme. Ça sera un militant, un punk, un hippie, un allié, un libriste, un youtubeur. Mais pas un homme. Un homme c'est pas terrible, un homme c'est ce qui lui aura fait rejeter à la fois son monde et peut-être son propre corps en grandissant pour faire mieux que ses parents, pour faire mieux que les harceleurs du collège.

Il y a quelques années maintenant, ma compagne m'avait fait un commentaire sur ma masculinité. C'était un commentaire positif. J'ai cette tendance à vouloir accepter les compliments pour m'en servir. Sauf que là je ne comprenais pas ce qu'elle voulait dire. C'était antonyme. Et ça m'a hanté. Pendant bien deux ans. J'en avais parlé à des copains et eux non plus n'avaient pas eu d'explication à me fournir, soit parce que ce n'était pas un sujet à aborder entre hommes, soit parce que eux aussi étaient dans ce même schéma dissonant.

Aujourd'hui, je suis un homme. Ça m'a coûté quelques séances psy, mais je suis un homme, j'ai ma définition de la masculinité, cette définition est légitime. Elle aura peut-être, sûrement, des similarités avec les autres masculinités de mes amis et de là, un sentiment d'appartenance et de reconnaissance. J'ai une masculinité et elle me fait accepter de regarder les gens dans les yeux quand je leur parle, briser les codes virils de vérification et de validation en les ignorant, et on me sourit en retour plus souvent que je ne l'aurais imaginé. J'ai une masculinité et elle me permet d'avoir un socle depuis lequel je peux moi aussi me lever et me casser, déclarer mes ennemis, dont cette norme qui m'a fait me sentir un peu étranger à moi-même, et l'aliéner, elle. Dire “je”, dire “nous”, parce que ça a un sens politiquement d'avoir ses propres combats plutôt qu'expliquer ceux des autres parce qu'on croit s'y reconnaître. Et alors faire partie d'un tout.

Encore un appel sur Mastodon pour inciter les auteurs et autrices de threads considérés comme trop longs à ouvrir un blog.

C'est cohérent. Je ne trouve pas grand-chose à redire à cela car, et j'en fais l'exercice moi-même depuis quelques temps, le format s'y prête, et les attentes de ce qu'on a envie de lire sur tel ou tel type de plateforme est respecté. Et puis c'est bien d'avoir de la place. Pour avoir pratiqué les threads sur Twitter très longtemps, puis dès mon arrivée sur Mastodon, ça peut être accidentel : on a une courte mais franche réaction à un contenu, laquelle est associée au besoin de s'exprimer, de se décharger un peu, on avait sincèrement l'intention de faire court et efficace. Et finalement on avait plein de choses à dire. On réagit à ce qu'on a écrit soi-même, on affine, on nuance, on appuie. Et oui, pour ça, le blog c'est mieux. Ça a le défaut majeur de ne pas pouvoir s'écrire vite fait debout dans la cuisine entre deux coups de cuillère en bois, il faut se forcer un peu plus à prendre le temps, mais c'est pour le mieux en termes de réflexion, de contenu, de fluidité offerte à la lecture.

Là tout de suite, je suis vautré dans un fauteuil au chaud, la bibliothèque municipale offre presque le même calme que chez moi pendant que ma fille kiffe sa vie en autonomie à la fête foraine avec ses autres pré-ados de potes, ça valait le coup d'attendre un peu et de ne pas publier mon thread à l'arrache depuis mes toilettes.

Bref, vous me voyez totalement d'accord avec cet appel, jusque physiquement.

Et pourtant qu'est-ce que vous pouvez être gonflants pour certains d'entre vous. Je laisse le masculin exprès. Parce qu'en arguments soutenant cet appel j'en ai lu des trucs gênants. J'ai lu des gens s'offusquer de ce que la plus jeune génération pouvait ne même pas savoir ce qu'était un « blog », non mais allô quoi. J'en ai lu d'autres soutenir qu'on ne pouvait pas former nos jeunes au numérique sans qu'iels ne se louent un espace privatif associé à leur propre nom de domaine. Bref, si nos jeunes ne savent pas utiliser internet tout en se défendant de ses dérives c'est soit parce qu'ils et elles sont trop connes, soit parce qu'il n'y a pas de jusqu'au-boutisme dans la démarche. Je vous ai vus, physiquement, avec vos barbes et vos vues basses de quadra/quinca, avec votre bière artisanale et votre clope roulée, avec vos rides qui serpentent vos visages blancs illuminés de cette suffisance propre aux gens un peu en marge, qui auraient pu être une inspiration nécessaire sauf qu'ils sont trop frustrés de ne pas l'être, comme tout mec passé un certain âge. Au lieu d'être des lanternes, vous êtes des panneaux d'avertissement. C'est dommage.

C'est dommage parce que oui, internet aurait pu être mieux. Oui, les logiciels libres ont des vertus extraordinaires, on cherche, on en vient à s'intéresser à sa machine, on s'approprie des outils au lieu d'en être client⋅e⋅s – et même juste en les utilisant, on discute, on s'améliore, on améliore.

Mais je comprends qu'on n'ait pas envie d'aller vers vous. Je n'en ai pas envie, les plus jeunes non plus. Peut-être êtes-vous minoritaires, personne ne le saura jamais. Heureusement il y a aussi des gens doux, qui proposent, sont là, accessibles, laissent vivre, laissent venir. Nous pouvons être ces petits vieux tranquilles tant qu'on ne les éloigne pas trop du radiateur, avec cette force de proposition qui se contente d'être disponible, ou nous pouvons être ces vieux idiots, avec rigoureusement le même savoir, mais qui se désolent à 120 dB pendant les repas que les jeunes sont trop cons de ne pas s'intéresser totalement à [rock alternatif / langue régionale / logiciels et internet libres / ouvrage de philosophie libertaire / ...] comme eux l'ont fait.

Donc bon, calmez-vous.

Cordialement, Patate

Meat Wave – Malign Hex

Punk, noise-punk, post-punk, post-hardcore


Astéréotypie – Aucun mec ne ressemble à Brad Pitt dans la Drôme

Rock, spoken word, post-rock


black midi – Hellfire

Rock, math-rock, jazz-rock, ???


BLACKPINK – BORN PINK

K-Pop (oui)


NASTYJOE – Deep Side of Happiness

Indie-rock, post-punk


PLOSIVS – s/t

Punk à la Hot Snakes

Cordialement, Patate

J'ai trouvé ça un peu cher du coup.

Avant de me décider pour ces deux parts de cheesecake, je scrutais la fabuleuse vitrine de la boulangerie. Tout est très bon, mais voulant marquer le coup de mon anniversaire avec ma fille une fois rentré du travail, je prenais mon temps. La boulangère qui attendait ma décision, c'était la plus âgée de l'équipe. Je ne l'ai jamais trop aimée, entre son rire agaçant et l'absence de masque sur son visage pendant le gros de la pandémie j'avais l'aiguille de mon radar “vieille conne de droite” qui en claquait contre la butée sans avoir plus d'arguments.

Tous les jours dans cette vitrine, il y a ces... trucs, des gros blobs blancs à la forme gourmande et écaillés d'éclats de chocolat comme si leur trop généreuse garniture les avait fait exploser doucement. Des Merveilleux, je crois que ça s'appelle. J'ai un peu de temps, j'ai également le souvenir amusé de ma collègue et moi qui les commentons presque tous les jours avec envie et amusement, je demande ce que c'est. J'apprends que c'est à base de guimauve et que ça s'inspire de cette confiserie qu'on appelait dans le temps “tête de nègre” et à laquelle on a changé le nom récemment. “Ce que je trouve stupide, d'ailleurs.”

Et merde.

Il y a eu un échange suite à cette phrase. Pourquoi j'écris ce billet, j'y viendrai, mais ce n'est pas pour montrer en retranscrivant les arguments que j'avais gagné la conversation. Je l'ai perdue d'ailleurs, ça s'est terminé sur un argument d'autorité quand elle a cité un des discours présents dans le film Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? puis j'ai payé, sans contact, oui, ticket, non merci, bonne journée à bientôt.

Il y a eu un échange suite à cette phrase et je pense que c'était important. Peu importe la forme, j'aurais aussi pu m'énerver, mettre une étoile sur cinq sur Maps et boycotter pendant deux semaines pour montrer que je boudais. Jusque-là avec ce genre d'événement il ne se passait rien, j'esquivais parce que ça me mettait trop mal, que je sentais que si je réagissais ce serait de colère – justifiée – que je n'avais pas envie d'exposer à quelqu'un que je ne connaissais pas. Parce que la colère c'est comme les larmes, tout aussi légitime mais tout aussi intime. Et donc bref je pense que c'est important parce que j'ai remarqué quelque-chose à force d'avoir 41 ans d'existence maintenant et de faire partie des petits commerçants : la haine est banale.

C'est grandissant. On le sait, on en a le triste rappel à peu près tous les jours dans le paysage médiatique et les gens qui se sont investis dans les dernières élections, par simple intérêt comme par déplacement aux bureaux de vote, ont encore la douleur fantôme de la boule au ventre. La haine est aussi banale que la pluie, ou que le prix de l'essence. Elle alimente les conversations pour attendre le bus et acheter son pain. Elle a gagné ce niveau, cet ultime niveau, de légitimité. On raconte à son commerçant qui voulait juste faire son travail en silence qu'on faisait partie du bureau de financement de la campagne de Zemmour, on se dit royaliste au milieu d'un échange technique sur la taille des cadres photo, on cale un petit “y en a des bien” comme on lâche un pet, on regrette le temps où on pouvait encore se considérer innocente quand on disait “nègre” ou “bamboula”¹.

Et moi je ne dis rien, je fais vœu de pudeur pour ne brusquer personne et j'ai troqué mes t-shirts du Goéland contre des vêtements unis, parce que c'est de mon âge.

Ben en fait je crois qu'il est temps de n'en avoir plus rien à foutre. Si je continue de penser que cette pudeur est nécessaire, et saine, elle a laissé le terrain libre. Donc je vais me faire un peu violence, et répondre. Je ne peux pas aller casser le mobilier sur les plateaux de C8, je ne serai jamais interviewé par cette connasse de Saint-Cricq, mais j'ai tous les jours un espace de parole où je rechigne à aller parce que je sais que j'entendrai une saleté si je parle de la pluie. Je vais la laisser venir et répondre. Je vais répandre la mienne, de saleté, sans qu'on me l'ait demandé. Mon “y en a des bien” à moi ça sera “brûler les riches”. Je veux que ces gens aussi aient l'expérience de la réponse qu'iels ne voulaient pas entendre, pas par vengeance ou par sadisme, mais parce que je pense que je ne suis pas le seul à ne pas répondre et que collectivement nous avons laissé le terrain libre. Répondons-leur, répandons-nous, parce qu'il n'est pas normal que des idées qui fût un temps justifiaient qu'on aille se planquer quelques décennies en Amérique du Sud trouvent au bureau de Poste ou à la boulangerie la même légitimité que le constat qu'il pleut.

Cordialement, Patate


¹ https://twitter.com/BilgerPhilippe/status/830151420783501313

C'est terrible, je viens de passer cinq minutes à regarder dans le vide dès lors qu'il s'agissait de pondre les premiers mots du premier post de ce blog.

Pour ça le micro-blogging c'est bien, on ne sent aucune pression, si l'outil autorise fondamentalement à publier des choses courtes alors les épaules sont légères et l'esprit libre. Et c'est là que ça devient rigolo, parce que quand je suis dans cette configuration advient inévitablement le moment où je m'enflamme, de rage comme d'amour, et ponds des threads qui prennent une place conséquente dans les timelines des gens, threads qui n'auraient pas pu être des articles, faut pas déconner¹, mais qui auraient carrément pu être des billets de blog.

Et devant un éditeur de billets de blog, avec cet espace infini, je bloque comme un idiot parce que je ne m'attribue pas la légitimité de cet espace. Et maintenant que je suis arrivé à ce troisième paragraphe je me trouve assez culotté de me dire qu'on va me trouver intéressant pendant plus de trois mots.

Donc j'en suis là, à essayer de m'en battre les steaks. La porte du placard où j'ai enfermé mon auto-saboteur fait un bruit du tonnerre alors qu'il essaye de sortir par la force mais je tiens bon.

Que va-t-on pouvoir lire ici ? Ben quand je sentirai que la publication Mastodon que je m'apprête à écrire parce que je me suis énervé devant un meme masculiniste², ou parce que j'ai une petite montée d'émotion avec morceau de musique partagé qui correspond à un aspect de ma vie³, je tâcherai de venir ici, de mettre un peu plus de forme et d'en profiter pour prendre plaisir à écrire. Parce qu'en fait, j'aime bien écrire.

Cordialement, Patate


¹ J'avais fait ça à une époque, j'avais monté mon petit site de chroniques musicales mais ça devenait carrément un travail où je me mettais tellement de pression et où j'avais proportionnellement tellement d'attentes qu'il avait été plus sain que je ferme tout. ² https://pouet.it/@cestmonmotprefere/109415381805714696 ³ https://pouet.it/@cestmonmotprefere/109406692684024203